Blog d'un enthousiaste du logiciel libre, utilisateur de GNU/Linux et auto-hébergeant ses services Internet.

RMLL 2010 - Jour #1

rmll

Et voila, en ce Mardi 6 Juillet 2010, les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre ont marqué leur coup d'envoi.

Les bâtiments, le village

Les RMLL sont divisées sur plusieurs zones :

  • L'ENSCPB - Pour les conférences sur le thème « Entreprises »
  • L'ENSEIRB-MATMECA - Pour l'accueil, la boutique et des salles de conférence.
  • Le Batiment Licence A22 - Pour le village associatif et des salles de conférence.


Des photos de l'ENSEIRB-MATMECA.


Des photos de l'accueil


Des photos du village

Voici une vidéo prise ce matin, qui montre l'entrée de l'ENSEIRB-MATMECA jusqu'à l'accueil.

Une connexion WiFi a été mise en place par France Wireless, mais malheureusement, quelqu'un à eu la merveilleuse idée de brancher une boucle sur un switch, donc… plus de réseau dès le début de l'après-midi.

Sur le village, j'ai découvert de nombreuses choses : j'ai par exemple vu pour la première fois un OLPC (One Lapton Per Children) XO, machine mythique qui fut utilisée un temps par Richard Stallman. Mais depuis que le projet OLPC équipe ses ordinateurs sous Windows, M. Stallman s'est rabattu sur un Notebook Lemote entièrement libre. J'ai également découvert un Ben Nanonote, qui est vraiment minuscule ! Pleins de stands d'associations sympathiques étaient aussi présentes, avec par exemple FFII, qui se bat(tait) contre les brevets logiciels en Europe, l'AFUL, l'APRIL, Framasoft, FDN (j'ai même vu M. Bayart !) et aussi des groupes d'utilisateurs - Mandriva, Debian, Skolelinux, Fedora mais aussi des gens de BSD, de Haïku. Bref, beaucoup d'associations globalement très sympathiques et intéressantes. J'ai aussi rencontré pleins de gens très sympas, comme les membres du stand Fedora-Fr auquel je suis censé donner un coup de main (mais avec une table, une chaise et un ordinateur qui prend de la place, difficile de pouvoir tenir à trois). Bref, j'ai passé la plupart de l'après-midi dans des amphithéâtres (ou des salles d'école), à voir des conférences.

Compte-rendu des conférences

Aujourd'hui, j'ai suivi au total 4 conférences :

Économie et Culture Libre

Le sujet évoqué est relativement d'actualité : comment permettre la rémunération des artistes à l'heure du partage des œuvres sur internet ? Tout d'abord, il est énoncé que le fait de pouvoir partager des œuvres en masse est un changement profond de la société et qu'il est inutile de se battre contre. Le conférencier cherche alors à exposer par quels modèles économiques viables les artistes pourraient-être rémunérés. Il fait d'abord le tour des modèles tombés en désuétude, comme le financement par la publicité sur Internet ou encore celui, bien aimé des majors, qui consiste à devoir payer chaque morceau, même si son prix de copie est quasi-nul. Il énonce ensuite les autres idées de modèles qui pourraient-être viables tout en permettant le partage des œuvres, tels que le mécénat global, la licence globale ou encore un autre modèle qui consiste à faire payer le contenu avant sa création, pour justement permettre la création de ce contenu de manière pérenne. Enfin, il parle d'un modèle qui semble tout particulièrement tenir au conférencier ; l'artiste créé son contenu, en rend une partie publique en précisant que l'autre partie le sera dès qu'il aura rendu rentabilisé la création de son contenu, rentabilisation réalisée donc par des paiement volontaires. Dès ce moment, l'artiste libère l'autre-moitié de son contenu, sous licence libre, bien entendu.

Toutes ces idées sont des exemples de solutions, pas forcément parfaites, mais qui sont de vrais débuts de solution !

Logiciel libre, Hackers et matériel libre, tous ensembles mais pas au même endroit et pas au même moment ?

Cette conférence était plutôt courte (20 minutes) et était réalisée par un membre de [http://hackable-devices.org/]. Le conférencier parle de l'idée de faire du matériel sur le même principe que les logiciels libres : du matériel libre. En effet, si le logiciel libre nous confère le droit de comprendre, de modifier, d'améliorer, d'adapter un logiciel à ses besoins, comme on le ferait avec un autre objet d'utilisation courant ne contenant pas d'électronique, il existe très peu de matériel sur lequel on peut ajouter ses propres composants, comprendre son fonctionnement. Un tour d'horizon du matériel libre déjà existant est alors fait par le conférencier, très actif, introduisant de petits jeux de mots et trolls en tous genres dans son discours. Il nous invite alors à nous rendre sur le site http://hackable-devices.org/ où la majorité de ce matériel est en vente. Il nous informe également qu'un atelier d'initiation à la soudure de micro-composants se déroulera quasiment pendant toute la durée des rencontres.

Cette conférence a été très positive, même si je n'ai pas appris grand chose, j'ai été heureux de voir un tel enthousiasme et une telle conférence aux RMLL. À la fin de la conférence après que le conférencier a énoncé le nom d'Openmoko et des téléphones qu'ils fabriquent, je me suis tout d'un coup senti très fier (avec mon Neo Freerunner autour du cou) à l'égard des quelques yeux qui se posaient dessus.

Sciences et informatique durable

À vrai dire, lorsque nous sommes entrés dans la salle de cette conférence (qui au passage ressemblait à une salle de classe d'école primaire), nous nous attendions à entendre un geek-écolo nous parler de son combat pour faire de l'informatique en respectant l'environnement.

Le sujet véritable de la conférence n'était donc pas exactement ce à quoi on s'attendait… Et pour cause, c'est un employé du CNES (Centre National d'Études Spatiales) qui est venu nous tenir un discours vraiment très intéressant. Le conférencier travaille à optimiser les codes exécutés sur les supercalculateurs du CNES, pour ainsi réduire leur temps de calcul et donc leur consommation électrique. Il vient donc nous dire que le CNES utilise beaucoup de logiciels libres dans ses baies. Du fait de la disposition des sources, ils peuvent optimiser les programmes qu'ils utilisent, les débugger, etc. Le conférencier a donc donné des exemples de logiciels libres qu'ils utilisent, qu'ils modifient, de l'utilisation qui en est faite (domaines d'application concrets), et de l'intérêt qu'ils avaient à les utiliser.

Éléments d’éducation à l’identité numérique

Cette conférence est en fait un exposé retraçant, au delà de l'internet, toutes les manières dont nous laissons des traces de notre identité, notamment dans les méta-données des fichiers que nous créons. La conférence ne porte pas plus loin la réflexion, de savoir si c'est bien ou non que de telles données puissent-être collectées, par qui, pourquoi, quels dangers est-ce que ça induit…

Bref, dès la fin de la conférence, ces sujets ont été abordés par des membres du publique de l'amphithéâtre et un débat sur les dangers liés à la collecte d'informations de plus en plus attentatoire à la vie privée liés à l'essor du numérique s'est engagé. La majorité pensaient que cette excès d'intrusion dans la vie privée était négative, liberticide, certains pensaient que la divulgation même de l'identité d'un individu sans son consentement constituait une atteinte à sa liberté, d'autres jugeaient cela nécessaire dans la pratique. Certains, enfin pensaient que la solution au problème était de se débarrasser des dispositifs numériques attentatoires à la vie privée alors que d'autres soutenaient que la solution est la mise en place de lois interdisant la collecte de telles informations. Le débat s'est continué jusqu'à ce que l'on nous demande poliment d'évacuer l'amphithéâtre.

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